13 octobre 2006
En général je sais.
Je sais en général, quand je n'ai pas très envie, quand je rechigne quand je maugrée, en général je sais que la surprise est au tournant. La bonne surprise. Ce matin, je n'avais pas très envie, encore fatiguée, pas rangé les jouets, baignée pas épilée, mais le rendez-vous était pris. Je ne savais plus son numéro. Quand il a appelé, vers midi, pour confirmer, j'aurais pu annuler. Mais en général je sais. Puis il venait à moto. Alors, évidemment, un motard, un vrai, un de la patrouille blanc bleu...
Mon désir est d'un commun...J'aime les hommes les vrais, le purs les durs les tatoués, les velus, les moustachus, les à moto, les gros biscottos. Les rugbymen et les bretteurs. Les John et les Wayne.
Alors je me suis boostée un peu. Poussé les jouets, rangé les livres, changé les draps, préparé le thé, gingembre, et la douche musc et benjoin. Sorti la culotte fendue au toucher satin, je croyais la lingerie des sex shops de qualité moindre, les bas couture de dominatrice appuyée, le porte-jarretelles froufroutant. Et ma robe grise. Toujours la même. Celle au laçage dorsal, celle qui les fait bander à distance.
Le temps d'enfiler ma tenue de combat tendre, d'ourler mes cils de pétaler mes lèvres, j'avais dix minutes de retard. Pensant au Poulpe, j'omettai le parfum et le gloss irisé tenace, laissant les paillettes en traînées loquaces. Délicatesse, ferais-tu ton entrée dans mes manières putaines ?
Il m'attendait sur sa moto, belle bleue vorace. Mmm. Discrètement, faisant semblant de nous connaître bien, les lycéens autour de nous, salut, embarquement. Je m'attarde sur la moto, un instant, m'exaltant de la puissance que je devine, des échappements gros, des turbines turgescentes. Il est suffisamment joli pour que je n'aie envie que de lui, mais elle, quand même...
Il n'est pas intimidé, ou il le cache bien. D'ailleurs, oui, il est insondable. Je saurai rapidement que je lui plais, simplement. Le gingembre du thé nous aiguise la langue, la vaso-dilatation opère, nous sentons la chaleur monter, frémissements aux pommettes. Il a la peau toast brûlé, la bite brune, les têtons sertis, chatons tout juste velus. Je m'annonce à sa queue. Elle répond, je la happe. Pas de commentaires, juste quelques soupirs d'aise. Je baisse les paupières de la maison tandis qu'il se couvre. Il me veut à la chienne, je tend la croupe. Sa bite est bonne, décidément j'aime ça. L'émotion le gagne, je commence à en avoir l'habitude. Il me caresse habilement, mais je suis gourmande. Je le sens qui se retient, qui pense à la dernière circulaire du ministère, je me dis que la deuxième salve sera plus forte, je l'enjoins à jouir.
Je n'aurais pas dû. Je suis tombée sur un one-shot gun.


