Refus d' obtempérer

ça, c'est un titre de Serge, le reste, c'est par sOe

24 mars 2008

Résistance(s)

En un sens...les travellers, teufeurs et teufeuses au long cours, les voyageurs et voyageuses, les zonardes et les zonards, les flemmard-e-s, les mous du bulbe, molles de la fesse, tous et toutes les abonné-é-s de la pension chez Rémi (Rmi) sont des résistants. La pression sur les salaires orchestrée depuis ... quoi?, une trentaine d'années ?, par le patronat se fonde sur le sous-emploi chronique des forces vives de la nation; la productivité des salarié-e-s, particulièrement élevée en France, se paie en retour de maladies du stress, de pathologies liées au travail; elle masque néanmoins le déficit chronique d'employé-e-s à une tâche donnée.

Ceux qui acceptent de sacrifier aux enjeux sociétaux de distinction par la mise et les biens d'usage, ceux qui se montrent capables d'un renoncement ascétique à la religion de consommation, ceux qui se font aujourd'hui adeptes strictes d'Epicure, et choisissent d'élever leurs besoins au rang de préférences en vivant des minima sociaux, voire de rien, sont des résistants. Il leur manque la reconnaissance de leur rôle, trop vite mésestimé, voué-e-s qu'ils sont aux gémonies par des travailleurs sans vision, par des dinosaures marxisants, évidemment montré-e-s par les thuriféraires du capitalisme à outrance comme de sales bêtes ignares et vaines; évidemment, ils et elles sont perçu-e-s par ceux-là même qui ont intérêt à la division du peuple comme une intolérable menace: qu'une trop grande partie du peuple refuse la sujétion salariée et les conditions d'embauche posées par le patronat, bas salaires, précarité, et c'est tout l'équilibre des profits maximisés par le blocage des salaires qui chancelle.

Ne soyez jamais esclave de vos possessions. C'est facile à dire quand on vit en dessous du seuil de pauvreté. Une fois que les travailleurs sont pris dans l'étau des crédits, leur marge de manoeuvre est nulle: ils sont condamnés à accepter tout et n'importe quoi. Ils sont les rouages de la division du peuple. C'est tout le système d'évitement de la sujétion de l'humain au capital par l'entremise du salaire qui doit être renforcé: salaire parental, hausse des minima, organisation publique de la sphère de gratuité (vêtements, nourriture, tout ce qui est présentement laissé à la charité des associations, nouvelles dames patronnesses)... il n'est pas, jusques à l'organisation de l'habitat, un domaine qui échappe à ce besoin de solidarités renouvelées, nécessaires à la résistance.

Pour commencer, cesser de considérer les sans-emploi comme des victimes systématiques, comme des tire-au-flanc, mais voir en eux fécondés les germes de l'héroïsme. Rien de moins. 

Posté par Spirit Of Ectasy à 11:48 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 mars 2008

resized_liagatchev_vladimir_photo
Artiste: Vladimir Liagatchev (le papa de Violetta)

Etre une femme dans ce monde n'est ni malédiction ni bienfait, tout au plus une avanie, et uniquement un accident. C'est un accident qui nous fait naître tel ou telle, mais c'est une série de facteurs personnels et sociaux, qui peuvent nous exposer au danger d'être victime de discrimination.

La question du féminisme est comme toutes celles qui se posent devant des situations d'injustice faite à autrui en raison de sa naissance, que ce soit dans une incarnation juive, féminine, négresse, handicapée, grosse, faible, petite, bête, pauvre, laide. C'est la question du pouvoir que je peux exercer sur autrui, et de celui que je laisse exercer sur moi, parce que je suis incapable de discipline, d'autonomie, de courage ou de bravoure.  L'histoire de toute domination est celle du bluff magistral réalisé par un certain nombres d'acteurs sociaux aux dépens de celles et ceux, attablé-e-s autour du combat qu'est la vie, qui les croient et vont jusqu'à payer de leur personne pour voir.

Voir jusqu'à quel point l'humain peut être lâche ou salaud.

Posté par Spirit Of Ectasy à 13:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les éclaireuses

dahotopIl fallait que Jackson guérisse pour que ne soit pas gâchée toute une génération élevée à son Banania de Pan.
D'Etienne Daho, au moins, on pourra dire qu'il est un berger des plusse mieux qui soient. Et j'ai noté un rendez-vous. Aller voir tonton Daho à Bitche, voilà qui aurait de la gueule. J'adore ce mec de Roazhon à Montmartre en passant par Londres, où je ne suis jamais allée.

Posté par Spirit Of Ectasy à 13:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Du sOe

Je préfère le sexe aux sentiments. Je ne suis pas armée pour aimer un seul être humain, plutôt que tous les êtres sentants. Je suis plus à l'aise dans l'équité précaire de l'orgasme, que sur la corde raide du sentiment.

Là où le con est préparé au mâle, l'occasion se fait rarement attendre. Quand je mouille, j'exhale une flaveur que perçoit le cerveau reptilien de ceux des hommes que j'excite. Dans leurs narines les capteurs doublent de volume pour mieux capturer les phéromones que ma sueur libère; ils respirent bruyamment; sous le jeans, je ne distingue pas toujours un pli d'une queue bien bandée, mais je repère cette expiration-là. Elle me plaît, et me suffit. Je n'ai pas besoin des mille soupirs de tendresse d'un amant aimant. Je sais où j'en suis avec moi-même, et je m'aime suffisamment pour n'attendre pas d'un-e autre la justification de mon existence.

Le paradoxe révélant souvent la sagesse, je reste évidemment prête à plonger dans la première aventure d'envergure qui pointe son bout de nez rougi.

Posté par Spirit Of Ectasy à 13:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Il ne faut pas plaindre les victimes

femme_cravateSeul le temps peut faire emplâtre et décoction aux souffrances des victimes. Rien ne sert de les plaindre; l'heure n'est pas à la complainte quand les stolons mauvais de la dominance instinctive persistent chez les humains.
Le coeur du pouvoir loge dans celui de sa victime. Faible, craintive, déprimée, incapable salie cognée humiliée réifiée insultée jetée arrêtée empêchée internée refusée interdite...j'ai fait de beaucoup d'hommes et de rares femmes mes bourreaux, en pliant sous le pouvoir que leur conférait ma peur, et je leur en devrai demander pardon; un jour dernier.
J'ai bousillé tant de karma innombrable en grattant l'écorce humaine pour faire sortir la bête.

Posté par Spirit Of Ectasy à 13:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1